Les doyens citent les violations du recteur de l’UT: la décision de la ministre sur la suspension est légitime

 

TIRANA, 15 avril /ATA/ – Quatre doyens de l’Université de Tirana, ont salué la décision prise par la ministre de l’Education, des Sports et de la Jeunesse, Besa Shahini de suspendre le recteur de l’Université de Tirana Mynyr Koni, lors d’une conférence de presse lundi.

Le doyen de la Faculté des sciences économiques, Dhori Kule, a considéré cette décision comme une solution tardive, tout en estimant le décret de la ministre conformémet à la loi sur l’enseignement supérieur et à la Constitution.

“La ministre de l’Education a ordonné la suspension du recteur de l’Université de Tirana et son substitution par le vice-recteur Berndard Dosti. Je veux apprécier cette attitude conformément à la loi et à la Constitution. Un contrôle a été effectué par le ministère et la résolution du problème était trop tardive. Après un an et demi, la loi et la Constitution on finalement été respectuées”, a déclaré Kule.

“Des constatations de violation de la loi ont été formulées par le Contrôle supérieur de l’Etat, les tribunaux et d’autres ministères. C’était la protestation des étudiants qui a donné un impact positif sur la résolution de ce problème, qui a jusqu’à présent été entravé par la politique. Les commentaires et interprétations politiques ont retardé la situation et aujourd’hui après la réaction des étudiants, la nouvelle ministre de l’Education, ne faisant apparemment pas partie du comportement politique, a réussi à prendre une telle décision aussi efficace”, a estimé le doyen Kule.

De son côté, le doyen de la Faculté de la Justice, Artan Hoxha a estimé qu’un grave problème d’administration institutionnelle a été noté au cours des dernières années où la direction de l’université était d’une mentalité ancienne, d’une direction hiérarchique sans appliquer les compétences et les déclarations constitutionnelles de fonctionnement d’une institution d’enseignement supérieur, qui est autonome à la fois en interne et en externe.

“Les ingérances dans l’administration des établissements d’enseignement supérieur ne sont pas une bonne chose, mais il est très bon que, dans la mise en œuvre de l’autonomie constitutionnelle, légale, statutaire si les choses ne fonctionnent pas correctement, le mal ou l’illégalité prenne fin”, a déclaré Hoxha, tout en soulignant qu’un des moyens prévus est la suspension de la tête de l’institution sur ordre du ministre.

“La ministre a fait le premier pas samedi après avoir vérifié les contraventions commis par le recteur de l’Université de Tirana pendant près d’un an. La deuxième étape consiste à proposer au Président de la République la destitution du recteur. Je pense qu’elles sont si ouvertes, si évidentes, si sévères qu’aucune ‘autonomie’ ne protégerait un individu qui enfreint ouvertement la loi au nom de l’autonomie”, at-il déclaré.

L’un des moyens prévus par la loi sur l’enseignement supérieur est que le responsable d’un établissement public puisse être suspendu par arrêté du ministre lorsque celui-ci constate des violations flagrantes de la loi sur l’enseignement supérieur ou de la législation en général. Le MES a tardé, mais mieux vaut tard que jamais. Ce que la ministre a ordonné ne viole pas l’autonomie des universités, mais garantit contre l’illégalité et le comportement illégal. L’autonomie n’est pas donnée comme une indépendance dans l’application de la loi mais comme une garantie pour l’application de la loi. La mise en œuvre de la loi est une obligation et non une évaluation”, a déclaré Hoxha.

En énumérant quelques-unes des violations de la loi sur l’enseignement supérieur par le recteur Koni, Hoxha a déclaré : “il a endossé des pouvoirs des administrateurs, des contrats financiers ont été signés par le recteur de l’université qui n’a aucune compétence dans la direction, comme nous, même si on nous a demandé de remplacer nos administrateurs, ce que nous n’avons pas fait. Des personnes ont été employés contrairement à la loi, des fonctions importantes des structures constitutives de l’UT ont été gênées, des actions ouvertes enfreignant la loi, comme le montre le dernier rapport de 100 pages du MES sur l’activité de l’Université et en particulier du recteur”.

“En tant que doyens, nous avons rapporté ces problèmes de fonctionnement et de l’organisation de l’Université de Tirana dans les structures du rectorat, mais comme ils sont tombés dans l’oreille d’un sourd, nous les avons soulevés dans la presse au ministère de l’Education”, a ajouté le doyen de la Faculté des sciences sociales, Edmond Rapti.
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