TIRANA, 28 mars /ATA/ – Le Conseil de supervision de la Banque d’Albanie a décidé de maintenir inchangé le taux d’intérêt directeur au niveau de 1.25%.
Le Conseil de supervision a aussi décidé de maintenir inchangé le taux d’intérêt du dépôt à un jour et le taux d’intérêt des prêts à un jour de la Banque d’Albanie respectivement à 0,25% et 2,25%.
Lors d’une conférence de presse sur la prise de décision en matière de politique monétaire, le gouverneur de la Banque d’Albanie, Gent Sejko, a déclaré que l’économie albanaise devrait s’améliorer encore à moyen terme.
Les nouvelles informations économiques et financières analysées dans le rapport de politique monétaire intermédiaire ont été conformes à nos attentes. Le volume de l’activité économique et l’inflation ont continué de progresser au premier trimestre de 2018, alors que les marchés financiers étaient caractérisés par des taux d’intérêt bas et des primes de risque contenues.
La mise à jour de nos projections n’a pas changé nos perspectives pour les développements futurs. L’économie albanaise devrait poursuivre sa croissance à moyen terme. L’amélioration de la position conjoncturelle, qui se traduit par une utilisation de plus en plus complète des capacités de production, devrait accentuer les tensions inflationnistes internes et permettre de cibler le retour de l’inflation en 2019.
A en juger par ces informations, le Conseil de surveillance a estimé que l’orientation de la politique monétaire restait suffisante pour stimuler la croissance économique et ramener durablement l’inflation à l’objectif de 3%.
L’inflation a légèrement augmenté au premier trimestre de 2018, s’établissant à 1,7% et 2,1% en janvier et en février, respectivement. La hausse reflète principalement la hausse des prix des aliments, de l’eau et des loyers.
Pourtant, l’inflation reste inférieure au niveau cible. En termes macroéconomiques, cette performance reflète l’effet combiné de trois facteurs:
Premièrement, l’utilisation des capacités de production, qui reste incomplète, fait que l’augmentation des salaires et des coûts de production ne correspond pas à notre objectif d’inflation.
Deuxièmement, les pressions étrangères sur la hausse des prix semblent faibles, en raison du faible niveau d’inflation dans nos pays partenaires commerciaux et de l’appréciation du taux de change du lek albanais.
Troisièmement, les anticipations d’inflation des agents économiques restent inférieures à notre objectif.
A notre avis, l’effet décélérateur de ces facteurs diminuera graduellement à moyen terme.
Les nouvelles informations suggèrent que la croissance économique au premier trimestre a été soutenue par l’expansion de la consommation privée, la poursuite de la tendance à la hausse des investissements et l’accélération du rythme de réalisation des dépenses budgétaires. D’un autre côté, le déficit du commerce des marchandises est apparu volatil; il a augmenté en janvier et s’est rétréci en février.
L’expansion de la demande globale continue de s’accompagner d’une hausse de l’emploi et d’une baisse des taux de chômage, comme en témoignent les données sur le marché du travail pour le quatrième trimestre de 2017. Pourtant, l’augmentation des salaires demeure faible.
La performance positive de l’économie a été stimulée par notre politique monétaire accommodante, l’amélioration de la confiance dans l’économie et l’expansion de la demande étrangère pour les biens et services albanais. Il a également été favorisé par la réduction des emprunts publics, ce qui a entraîné une baisse des primes de risque et facilité la transmission de la politique monétaire aux marchés financiers.
Les faibles taux d’intérêt ont soutenu l’augmentation de la consommation privée et des investissements, en renforçant les prêts et en réduisant les coûts du service de la dette existante. Hors effet de change, le portefeuille de crédit total a enregistré une croissance annuelle moyenne de 5,8% en janvier et février. Sa croissance a continué à être soutenue principalement par la croissance du crédit lek, dont le portefeuille a enregistré une croissance annuelle moyenne de 7,2% au cours de cette période, tandis que le portefeuille de crédit en devises a enregistré une croissance de 4,7%.
Parallèlement, la politique monétaire accommodante a également contribué à la réduction des créances douteuses, en stimulant la demande et en encourageant la restructuration du crédit. Cet indicateur est resté à des niveaux similaires à la fin de 2017.
La Banque d’Albanie estime que le retour progressif de l’économie à son potentiel et l’utilisation plus complète des capacités de production s’accompagneront d’une augmentation plus rapide des salaires et des coûts de production, renforçant ainsi les pressions inflationnistes internes. En outre, l’inflation sur les marchés étrangers devrait augmenter, tandis que l’appréciation du taux de change devrait diminuer, permettant ainsi une transmission plus complète des pressions étrangères sur les marchés intérieurs. Enfin, les anticipations d’inflation devraient évoluer vers le haut, suite à la performance factuelle de cet indicateur.
En ligne avec ces évaluations, l’inflation annuelle devrait osciller autour de 2,2% pour 2018 et converger vers notre objectif en 2019.
Sur la base de ces arrêts, le Conseil de surveillance a décidé de maintenir le taux directeur à 1,25%. Le Conseil a également décidé de maintenir inchangés les taux d’intérêt sur les dépôts à vue et les prêts à un jour, à 0,25% et 2,25%, respectivement.
Le Conseil de surveillance juge que la balance des risques reste négative. En particulier, la reprise de l’économie européenne reste sujette à des risques et à des incertitudes, alors que l’offre de crédit bancaire reste tendue. En ce qui concerne ce dernier point, le Conseil de surveillance estime que la réduction progressive du risque de crédit devrait s’accompagner de politiques de crédit plus réalistes de la part du secteur bancaire. Cela créerait des conditions permettant de répondre aux besoins de l’économie en matière de financement, qui devraient être à la hausse dans le futur.
En réfléchissant sur les informations disponibles, les projections du scénario de base et les risques qui les entourent, le Conseil de surveillance confirme que:
L’intensité de la stimulation monétaire ne diminuera pas avant le quatrième trimestre de 2018;
La politique monétaire restera accommodante à moyen terme, pour assurer le retour durable de l’inflation à la cible.
En conclusion, le Conseil de surveillance estime que l’élan conjoncturel positif de l’économie devrait être utilisé pour accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles, ce qui, à son tour, accélère le rythme de la croissance économique et renforce la résilience aux chocs. En particulier, ces réformes devraient viser à améliorer le climat des affaires, à améliorer l’efficacité et la compétitivité et à accroître le potentiel de productivité en Albanie.
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