Saturday, October 17, 2026

Accusation de Hashim Thaçi: une justice à deux vitesses?

 

TIRANA, 2 juillet /ATA/ – La publication de l’acte d’accusation par le Tribunal spécial pour le Kosovo à l’encontre du président Hashim Thaçi, et d’autres responsables politiques albanais, en a surpris plus d’un. Cette parution est intervenue alors que le président Thaçi se trouvait en route pour Washington afin de participer à des discussions avec la délégation serbe en vue d’une solution politique entre le Kosovo et la Serbie, écrit Naim Malaj, ancien ambassadeur du Kosovo en Suisse pour le quotidien suisse Le temps.

Voulant faire un bon élève, le Parlement kosovar a voté la création de cette cour, qui n’ cependant pas de juge kosovar dans ses rangs. Cette cour se retourne maintenant contre ceux qui l’ont fondée et accuse les anciens dirigeants du nouvel Etat kosovar. La mise en accusation du président Thaçi est perçue comme une mise en accusation de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) elle-même, comme un acte nihiliste et négationniste de la guerre du Kosovo et des victimes civiles, écrit Naim Malaj, ancien ambassadeur du Kosovo en Suisse

Je reste d’avis qu’Hashim Thaçi devrait apparaître à La Haye et faire la lumière sur la guerre du Kosovo, sur la guerre de l’UÇK. Il doit expliquer les circonstances de la création de cette armée, composée de non professionnels et mal armés, née de la nécessité de protéger la population albanaise de souche albanaise, en tant que force de résistance contre le génocide, le nettoyage ethnique, le viol, la déportation massive, systématique et étatique des Albanais par le régime de Belgrade.

Si cet acte d’accusation, sans la confirmation d’un juge, ne fait que faire la une des journaux, cause des dommages considérables au Kosovo, il provoque un sentiment d’injustice en alimentant les thèses d’un complot européen contre un éventuel accord sur l’échange de territoires entre le Kosovo et la Serbie. Il convient de noter que les forces militaires et paramilitaires formées par Belgrade de Milosevic ont fait 13 000 victimes innocentes, 10 000 femmes kosovares violées (y compris des mineurs et des enfants) et 1 643 personnes toujours portées disparues.

L’acte d’accusation intervient à un moment où la justice n’a pas encore été rendue pour le nettoyage ethnique, dans lequel 1 million de civils albanais ont été expulsés de leurs villes et villages. Ils avaient même confisqué et brûlé leurs pièces d’identité pour effacer toute trace d’existence. Certains d’entre eux ont été tués dans des conditions tragiques, macabres et génocidaires.

L’inculpation pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité est considérée comme disproportionnée et injuste par le public kosovar et au-delà. La justice internationale n’a pas condamné les criminels de guerre serbes. Seuls cinq responsables serbes ont été reconnus coupables de leurs crimes au Kosovo et un a été libéré.

Cet acte d’accusation intervient à un moment où le Kosovo intensifie ses efforts pour trouver des moyens de vivre en paix avec la Serbie. Bien sûr, la justice doit être rendue, mais pas à deux vitesses. Les victimes restent des victimes, quelles que soient les parties. Une armée de libération qui protège des vies innocentes contre l’agression d’un Etat demeure un moyen légitime de lutter contre l’oppression.

Le contexte de cette guerre a amené les forces alliées à intervenir militairement, n’oublions pas. Nettoyage ethnique, exode, viol, massacre de familles albanaises et de villages entiers attendent toujours justice et reconnaissance./ /ec/ a.jor./irmapu/

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