TIRANA, 12 oct. /ATA/ – Le vice-président du Parti démocrate, le député Kreshnik Çollaku, a interpellé ce jeudi le Premier ministre Edi Rama sur la situation dans le nord du Kosovo.
Il a déclaré que la raison pour laquelle le Premier ministre Rama a été interpellé aujourd’hui va au-delà des batailles politiques.
“Je pense que ce parlement et surtout l’opinion ont le droit d’être clarifiés concernant certains actes, déclarations, positions de votre part, de votre gouvernement par rapport au Kosovo et à la situation dans son nord”, a déclaré Çollaku.
“Le 19 juin, vous avez rejoint sur Twitter les rangs de ceux qui avaient fait pression sur le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, pour qu’il retire les forces spéciales du nord du Kosovo, déclarant ‘Albin sors de ton auto-isolement, désescalades la situation, retire les forces spéciales, sinon tu risques d’avoir une république de la KFOR dans le nord du Kosovo et ensuite adieu à la souveraineté du Kosovo sur cette partie’”, a-t-il déclaré.
“Le 24 juin, si la police du Kosovo, ces forces spéciales qui ont subit de la pression par tout le monde, y compris vous, et peut-être nous aussi, n’auraient pas réagie à une agression militaire d’un commando armé de Serbes, qui a tenté d’annexer la partie nord de Mitrovica avec un plan clair pour établir la frontière de la Serbie avec le Kosovo à la rivière Ibar, pour la faire reculer, la frontière se serait en fait située à Ibër”, a déclaré Çollaku.
“Immédiatement après les événements du 24 juin, vous avez demandé à plusieurs reprises et dans plusieurs médias étrangers à la KFOR de prendre le contrôle du nord du Kosovo, ce qui ressemblait presque à une sorte de réponse à ce que vous aviez prévenu le 19 et certainement à votre déclaration en faveur de la KFOR à prendre le contrôle du nord du Kosovo, c’est une déclaration, ce serait une déclaration non déclarée du protectorat international et ce serait certainement un pas vers la division du nord du Kosovo”, a ajouté Çollaku.
“Et comme si cela ne suffisait pas, encore une fois dans une interview quelque part, parfois avec des malentendus, parfois avec des corrections, vous avez déclaré que le nord du Kosovo est un terrain neutre, une zone abandonnée”, a-t-il déclaré.
“M. Monsieur le Premier ministre, si vous voulez dire que tout cela sont des lapsus ou des bévues politiques, je terminerais ici ce questionnement, je me retirerais et je dirais, les gens, désolé, le Premier ministre s’est trompé, il a fait une erreur, des choses comme ça arrivent. Mais ma préoccupation en est une autre, parce que combinées les unes aux autres et puisqu’il existe un précédent au moins en présence de votre ambiguïté par rapport à une tentative ou à une thèse avancée il y a des années sur un échange des frontières au nord du Kosovo. Vous ne l’avez pas soutenu vocalement, mais vous ne vous y êtes pas non plus opposé vocalement, cela laisse place au doute ou à la question de savoir si vous croyez vraiment à ce projet, qui peut être réalisé, vous n’êtes pas le seul. Je vous le garantis que ce n’est pas un tabou, il y a de nombreux diplomates étrangers à Bruxelles et outre-mer qui connaissent la thèse ou croient en la thèse selon laquelle la division du Kosovo peut être une paix permanente entre la Serbie et le Kosovo”, a souligné Çollaku.
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