TIRANA, 19 mai /ATA/ La Semaine de l’Europe s’est ouverte aujourd’hui à la Maison de l’Europe à Tirana, avec des discussions sur l’identité européenne par tous les participants à cet événement.
Être européen est une approche différente pour chacun d’entre nous. L’Europe, c’est l’Union européenne, la région de l’élargissement, c’est toute l’Europe géographiquement, culturellement, émotionnellement et historiquement, a déclaré lors de son discours Federica Mogherini, rectrice du du Collège d’Europe.
“Je viens de Rome et si l’on prend l’Empire romain, il faut penser à sa taille, à son étendue qui dépassait les frontières géographiques. Définir ce que signifie être européen est une question complexe. Notre réflexion porte sur l’identité, nos politiques et nos valeurs. En tant qu’européens, nous avons cette approche un peu plus développée que d’autres, car notre histoire millénaire nous a placés dans des contextes différents. Nous ne sommes pas seulement confrontés à nos racines géographiques, mais aussi à des racines historiques. Ce qui nous fait nous sentir européens, c’est le rapport que nous entretenons avec le passé, un rapport unique par rapport à d’autres dans le monde”, a-t-elle prononcé.
Mogherini a souligné que les européens se trouvent à la croisée des chemins entre l’acceptation de cette situation, et que chacun est autocritique quant aux résultats et aux politiques que l’histoire leur a enseignés.
“Si l’on considère l’UE et son élargissement, les différentes vagues d’intégration auraient eu lieu si notre histoire n’avait pas été ainsi. L’UE est née lorsque nos pères fondateurs ont compris que nous avions besoin de plus que ce qui avait été fait par le passé. Ce n’est pas seulement notre rapport au passé étant en cause, mais aussi notre capacité à analyser les moments critiques, nos échecs et nos réussites. Notre capacité à étudier le passé, mais aussi notre approche extrêmement critique, nous ont permis de construire quelque chose de vraiment unique”, a affirmé Mogherini.
Le rectrice du Collège d’Europe a affirmé qu’il faut tirer des leçons du passé, qui doivent ensuite être traduites en normes, valeurs, règles et systèmes institutionnels en matière d’application de la loi.
Selon Mogherini, la liberté individuelle coexiste avec les droits des autres et cette combinaison constitue un exemple typique de l’identité européenne.
“Vivons ensemble dans le respect de la liberté de chacun, tout en permettant à nos communautés de s’épanouir. Les règles ne sont pas des restrictions, mais des garanties pour que chacun puisse vivre son identité européenne dans un environnement où nous sommes respectés par tous. Il y a des régions en Europe où cette question est un défi ; nous avons besoin de règles pour bien coexister”, a-t-elle annoncé.
“La complexité des États aspirant à devenir membres de l’UE est comme un gros nuage qui s’attaque à tout le travail nécessaire, mais elle apporte aussi la pluie pour nourrir le sol. Nous sommes parfois lents, complexes, mais c’est là notre force. C’est perçu comme quelque chose de négatif, il faut y réfléchir d’un point de vue individuel. Être complexe, c’est un peu fatigant, mais c’est bien plus intéressant. Une garantie liée à l’État de droit”, a noté Mogherini.
À la fin de son discours, Frederica Mogherini a déclaré que l’UE se traduit par un espace solide, fiable, fort, avec des institutions fiables, et cela, selon elle, est important dans le monde dans lequel nous vivons. /m.s/










