TIRANA, 3 juillet /ATA/ La présidente du Conseil national pour l’intégration européenne (KKIE), Jorida Tabaku, a présenté aujourd’hui le rapport annuel 2024 de ce conseil.
“L’Albanie n’a pas entamé les négociations avec l’UE parce qu’elle remplissait les critères, ni au moment où elle aurait dû le faire, en 2013, alors que l’Albanie était toutn proche d’obtenir le statut de pays candidat et d’ouvrir les négociations”, a déclaré Tabaku.
Mais, a ajouté Tabaku, “les circonstances géopolitiques ont été plus fortes que les normes”.
“C’était une décision donnée comme un bonus, non méritée, et nous n’en avons malheureusement pas tiré profit, nous ne l’avons pas transformée en réforme, nous ne l’avons pas convertie en transformation, nous n’avons pas amélioré les normes, et hélas, aujourd’hui, nous continuons à débattre encore des normes minimales de démocratie”, a affirmé Tabaku.
“Un comité ad hoc a été créée, qui s’est très vite transformée en un instrument unilatéral au service de la majorité visant à centraliser le pouvoir au lieu de faire progresser les réformes”, a énoncé Tabaku, tout en soulignant que “durant l’année dernière, il a été impossible d’exercer les fonctions du Conseil national pour l’intégration européenne et l’opposition n’a pas eu sa place dans ce processus”.
“La majorité a fermé la porte à l’intégration au sein de l’Assemblée en créant une institution parallèle, tout en boycottant le Conseil national pour l’intégration, une institution et une commission opérant sans transparence, sans opposition, ayant repris le travail de diverses commissions parlementaires et qui prennent des décisions sur des réformes qui devraient concerner tous les Albanais, et non une minorité qui, malheureusement, continue encore aujourd’hui à fonctionner comme avant”, a-t-elle ajouté.
“Ce comité progresse également vers des changements fondamentaux dans les lois, notamment la loi sur la déclaration des biens, la loi sur les conflits d’intérêts et le financement des partis politiques, sans aucune discussion ni consultation, alors qu’il est prévu qu’à partir de septembre, il y aura 83 votes. Assez pour modifier toute loi organique sans avoir besoin d’écouter qui que ce soit”, a souligné Tabaku.
“Ce n’est pas la voie européenne. Ce n’est pas la voie du consensus. C’est la voie du contrôle. C’est la voie de l’exclusion, pas celle de la coopération. Il n’y a pas d’Europe sans institutions inclusives, qui ne représentent pas qu’un seul parti. Il n’y a pas d’intégration avec des commissions partiales”, a poursuivi la députée du PD.
Tabaku a noté que l’opposition n’avait jamais créé de problèmes dans ce processus, affirmant que le seul obstacle pour les Albanais a été celui imposé par le gouvernement.
“Le seul obstacle auquel les Albanais ont été confronté provient malheureusement du gouvernement, incapable d’organiser des processus démocratiques, en commençant par les élections conformément aux normes européennes, et en terminant par des questions tout à fait normales liées au fonctionnement d’un État, comme les marchés publics”, a pronocé Tabaku.
“37 initiatives parlementaires restées lettre morte depuis 12 ans, 26 institutions clôturent cette législature comme jamais auparavant, sans aucun rapport. Les décisions de la Cour constitutionnelle n’ont pas été appliquées, à commencer par celle concernant le Théâtre national et jusqu’au mandat d’un député de la majorité”, a précisé Tabaku.
“L’Albanie est-elle prête à organiser des élections libres et équitables, à disposer des institutions démocratiques, à assurer un système de contre-pouvoirs, à appliquer les décisions de justice sans les discuter ? La réponse est donnée dans le rapport de la Commission européenne, dans le rapport du premier groupe des chapitres : l’opposition n’a pas été et ne sera pas le principal obstacle à l’intégration des albanais. C’est le gouvernement qui constitue le principal frein !”, a-t-elle déclaré.
Selon Tabaku, cette législature se termine avec le plus grand nombre de tâches non accomplies, sans réforme complète et inclusive. “L’Assemblée d’Albanie est l’institution la moins respectuese des décisions parmi toutes”, a souligné Tabaku. /m.s/










