Par Etleva Xhajanka -04/09/2025
TIRANA, 4 septembre /ATA/ Tirana a accueilli ce jeudi la première audience publique dédiée au projet de réforme du Code pénal albanais. Menée par le professeur Arben Rakipi, directeur de l’École de la magistrature et président du groupe d’experts chargé de la rédaction, cette rencontre marque le lancement d’un processus participatif axé sur l’écoute citoyenne.
Présenté comme le fruit d’un travail approfondi de plusieurs années, ce projet entend aligner le droit pénal albanais sur les normes européennes, tout en mettant l’accent sur la protection sociale et les droits des victimes. Prof. Rakipi souligne une volonté claire de rééquilibrer la fonction répressive de la justice pénale par une approche préventive et humaniste.
Parmi les évolutions notables figurent la “décriminalisation” de certaines infractions comme la consommation d’alcool en public, la bigamie ou encore la prostitution, ainsi que l’introduction de peines alternatives (travail d’intérêt général, soutien psychologique, etc.). Le projet propose également une harmonisation des sanctions, en s’inspirant des législations de pays comme la France ou l’Italie.
Interrogé sur la nature potentiellement répressive du nouveau texte, Rakipi reconnaît que tout droit pénal porte une dimension coercitive, mais insiste sur l’objectif d’un juste équilibre. “Nous ne cherchons pas à céder au populisme, mais à fonder nos choix sur une analyse sérieuse, fondée sur des données objectives et des consultations larges”, affirme-t-il.
Cent nouvelles dispositions visent ainsi à offrir au juge des outils de réhabilitation plutôt que de simples sanctions punitives.
Les auditions publiques, organisées dans plusieurs villes, visent à recueillir les avis des professionnels du droit, de la société civile et des citoyens. “Il ne s’agit pas seulement de textes juridiques, mais de décisions qui doivent refléter la réalité sociale du pays”, conclut Rakipi.
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