TIRANA, 20 octobre 2025 – L’ancien Premier ministre albanais et actuel leader du Parti démocrate (opposition de droite), Sali Berisha, s’est présenté ce matin devant le Parquet spécial contre la corruption et le crime organisé (SPAK), conformément à l’obligation judiciaire de se comparaitre régulièrement, imposée par la Cour d’appel de la juridiction spécialisée (GJKKO).
Mais au-delà de cette convocation, l’ancien chef de l’exécutif a saisi l’occasion pour lancer une attaque frontale contre la justice spéciale, l’accusant d’instrumentalisation politique et de violation de la Constitution.
Devant les médias, Berisha a notamment mis en cause la magistrate Irena Gjoka, juge d’instruction en charge du dossier le visant dans l’affaire du complexe sportif Partizani, pour laquelle il est poursuivi pour corruption passive de hauts fonctionnaires.
D’après Sali Berisha, la juge Gjoka aurait omis de déclarer une condamnation en Grèce, ce qui, en vertu de la loi albanaise sur la décrimininalisation (adoptée à la majorité des trois cinquièmes), l’empêcherait légalement d’exercer ses fonctions judiciaires.
“Irena Gjoka poursuit son mandat en violation flagrante de la Constitution et des lois, protégée illégalement par le chef du SPAK, Altin Dumani”, a affirmé Berisha.
L’ancien Premier ministre est allé plus loin, qualifiant cette situation de “crime institutionnel” impliquant, selon lui, non seulement le parquet, mais également le Conseil supérieur de la magistrature (KLGJ) et le procureur général. Il a réclamé la nullité de toutes les décisions prises par la juge depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la décriminalisation.
Le dossier Partizani, transféré à la juridiction de jugement, porte sur la transformation controversée d’un ancien complexe sportif à Tirana, et pourrait avoir des conséquences politiques majeures, à l’approche des prochaines échéances électorales.
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