Thursday, November 5, 2026

Sadushi : La pierre angulaire de la justice reste une décision motivée, intelligible et exécutable

TIRANA, 12 janvier /ATA/ Le président de la Haute Cour, Sokol Sadushi, a déclaré aujourd’hui, lors de la conférence nationale « La qualité de la justice », que la rapidité dans le traitement des dossiers est essentielle, mais qu’une justice rapide sans cohérence constitue un risque pour la sécurité juridique.

« La qualité de la justice ne se limite pas à la célérité des jugements ou à la réduction des arriérés, mais repose avant tout sur la force de l’argumentation, la clarté et la prévisibilité des décisions », a déclaré Sadushi, en présence de l’ambassadeur de l’Union européenne, Silvio Gonzato, et du président du Conseil supérieur de la magistrature, Ilir Rusi.

Il a ajouté que « si la rapidité est essentielle, une justice rendue sans motivation ni cohérence constitue un danger pour la sécurité juridique. La surcharge et l’arriéré des dossiers sont des réalités difficiles à contourner. Néanmoins, la justice ne peut se mesurer uniquement par des chiffres : les statistiques sont utiles, mais l’élément déterminant reste une décision motivée, intelligible et exécutable ».

Sadushi a rappelé que la jurisprudence n’est un outil de qualité que si elle est comprise et appliquée dans les affaires concrètes. « Des outils d’accès et des publications intégrées sont essentiels pour que les praticiens trouvent rapidement l’information nécessaire. Quand la jurisprudence sert de véritable outil de travail, la justice devient plus prévisible ; utilisée comme simple formalité, elle ralentit le processus », a-t-il expliqué.

Il a également insisté sur l’importance d’une structuration claire des normes et d’une diffusion efficace. « La jurisprudence ne se transmet pas seulement par la publication, mais par l’explication, le dialogue professionnel et le travail pratique lors des formations continues. Cela doit devenir un élément de notre culture institutionnelle. »

Enfin, le président de la Haute Cour a rappelé un principe fondamental : « Les citoyens jugent la justice à travers les décisions, et non à travers les mots. Pour gagner leur confiance, il faut instaurer une culture de cohérence. L’opposé de la qualité n’est pas l’erreur, mais l’arbitraire. Transformons l’arbitraire en cohérence et faisons-en un signe de confiance dans la justice. » /m.s/

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