TIRANA, 19 juin /ATA/ La présidente de la Commission des droits de l’Homme et de l’information publique, Jorida Tabaku, également députée du Parti democratique (PD), a évoqué plusieurs facteurs qui, selon elle, expliquent le recul de l’indice de liberté de la presse en Albanie.
Elle a notamment pointé le manque de transparence lié à la dépendance des médias à la publicité d’État, les liens entre intérêts économiques et politiques, ainsi que les préoccupations relatives à la sécurité des journalistes, notamment face aux menaces graves, au crime organisé et aux intimidations verbales et politiques. Selon elle, l’interconnexion entre intérêts économiques et propriété des médias compromet aujourd’hui la liberté de la presse en Albanie.
Elle a également contesté les conclusions d’un rapport présenté par le gouvernement et le Premier ministre, estimant que la présence de critiques envers l’opposition dans certains médias ne constitue pas un véritable temps d’antenne accordé à celle-ci.
Selon Jorida Tabaku, la liberté des médias est étroitement liée au fonctionnement démocratique. « La liberté de la presse ne relève pas uniquement des journalistes ou de la société civile. Elle est protégée par les institutions et par l’ensemble de la société », a-t-elle déclaré.
La responsable politique a appelé à lutter en priorité contre la désinformation qu’elle attribue au gouvernement. « La désinformation autour des manifestations, la désinformation à travers les rapports parallèles que le Premier ministre décide de publier, la désinformation à travers tout type d’information aujourd’hui contrôlée par le gouvernement », a-t-elle dénoncé.
Elle a également plaidé pour un renforcement du cadre juridique, notamment à travers des modifications du Code pénal, ainsi que pour une meilleure protection des journalistes face aux procédures judiciaires abusives.
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