Saturday, October 17, 2026

Shkodër : sept décennies après, le musée Marubi met à l’honneur la collaboration entre Gjon Mili et Picasso

TIRANA, 17 août /ATA/ En 1950, le Museum of Modern Art (MoMA) de New York consacrait une exposition spéciale aux photographies de Pablo Picasso réalisées par deux grands photographes du XXe siècle, Gjon Mili et Robert Capa.

Pour Mili, cette exposition était bien plus qu’une occasion de photographier l’un des artistes majeurs de son époque. Sa rencontre avec Picasso à Vallauris, en 1949, avait donné naissance à l’une des collaborations les plus célèbres de l’histoire de la photographie.

Mili avait proposé à Picasso de dessiner dans l’air avec une source lumineuse, tandis qu’un temps de pose prolongé permettait à l’appareil de capter les traces du mouvement. Dans l’obscurité apparaissaient ainsi des centaures, des silhouettes et des formes abstraites, visibles seulement quelques secondes mais immortalisées par la photographie.

Ces « light drawings » constituent un moment singulier où peinture, photographie, mouvement et temps se conjuguent dans une même image.

Plus de 70 ans plus tard, cette histoire revient en Albanie avec l’exposition « Gjon Mili : Rétrospective », présentée au Musée national de la photographie Marubi de Shkodër.

Le musée expose notamment un objet rare témoignant à la fois de la créativité de Mili et des relations professionnelles internationales qu’il avait tissées au sein de la scène artistique new-yorkaise de l’après-guerre.

Il s’agit d’un Presentation Album, réalisé en 1950 à l’occasion de l’exposition « Photographs of Picasso by Gjon Mili and Robert Capa » au MoMA. L’album, produit en nombre limité, rassemble une documentation sur l’exposition ainsi que plusieurs photographies emblématiques de Mili avec Picasso, dont la célèbre série des « Light Drawings ».

Destiné à des personnalités du monde de l’art, des musées et de l’édition culturelle, l’album exposé à Marubi porte sur sa couverture le nom d’Alexander Liberman (1912-1999), figure majeure de la culture visuelle américaine du XXe siècle. Directeur artistique de Condé Nast puis directeur éditorial de Vogue, il était également photographe et proche de nombreux artistes modernes.

Signé, daté du 19 mai 1950 et dédicacé par Gjon Mili à Alexander Liberman, l’album constitue un témoignage direct de leurs relations professionnelles et du respect mutuel entre les deux hommes.

Au-delà de sa valeur bibliographique, cet objet constitue un fragment de l’histoire de la photographie moderne, à la croisée de l’art, de la photographie, des musées et de l’édition internationale.

Il rappelle également que le patrimoine photographique ne se limite pas aux images, mais englobe les histoires, les relations et les échanges qu’elles ont suscités au fil du temps.

L’exposition « Gjon Mili : Rétrospective » est ouverte depuis le 12 juin. Elle est organisée par Howard Greenberg avec le soutien du ministère albanais du Tourisme, de la Culture et des Sports.

/r.e/m.s/

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