TIRANA, 9 septembre /ATA/ – Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Ferit Hoxha, a été l’un des principaux intervenants de la conférence Les Balkans se rencontrent à Trieste, organisée aujourd’hui par l’agence de presse italienne ANSA dans le cadre de la 34e Assemblée générale de l’Alliance des agences de presse des Balkans et d’Europe du Sud-Est (ABNA-SE), en coopération avec la région Frioul-Vénétie Julienne et l’Initiative centre-européenne (ICE).
La communication stratégique sur l’élargissement de l’Union européenne et la lutte contre la désinformation ont été les deux thèmes centraux de cette conférence, à laquelle participaient notamment de hauts représentants de l’ICE et de l’OSCE, des dirigeants d’agences de presse de 12 pays membres de l’ABNA-SE, parmi lesquels la directrice générale de l’Agence télégraphique albanaise (ATA, ATSH en albanais), Valbona Zhupa, ainsi que des représentants d’organisations internationales de médias et de hauts responsables des autorités locales de Trieste.
Dans son intervention au panel intitulé Elargissement, communication stratégique et lutte contre la désinformation, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Ferit Hoxha, a déclaré : “Notre objectif est de clore tous les chapitres de négociation en vue de l’adhésion à l’Union européenne d’ici à l’année prochaine”.
Le chef de la diplomatie albanaise a rappelé qu’« en 2003, à Thessalonique, l’Union européenne avait promis que les Balkans occidentaux feraient partie de l’Europe ».
“En 2003, celui ou celle qui avait 18 ans à l’époque en aurait aujourd’hui 41. Il ou elle serait désormais marié(e), aurait des enfants, et ses enfants seraient déjà adultes. Et pourtant, nous sommes toujours en dehors de l’UE. La promesse faite il y a 23 ans, il y a une génération, n’a donc pas été tenue. Heureusement, et nous ne pourrions pas être plus heureux, les choses ont changé en février 2022”, a souligné M. Hoxha.
“Nous sommes extrêmement heureux de voir que les choses ont profondément changé et que l’élargissement est aujourd’hui au cœur des politiques de l’Union européenne. Il y a quelques jours, Marta Kos, la commissaire à l’Elargissement, s’exprimait devant les ambassadeurs de Croatie. Et elle a dit quelque chose de très important : ‘L’élargissement aujourd’hui ne consiste pas simplement à accroître le nombre de membres de l’Union européenne, avec davantage d’Etats membres — un, deux, trois ou autant qu’il y en aura. Il s’agit de bâtir une Union européenne plus forte et plus sûre’. C’est exactement ainsi que nous le voyons également. Pour nous, ce n’est pas quelque chose de nouveau. Nous avons toujours su qu’il en était ainsi”, a souligné le ministre.
M. Hoxha a rappelé que l’Union européenne avait toujours connu des vagues d’élargissement. “Jusqu’à présent, sept élargissements ont eu lieu. Nous sommes passés de six pays fondateurs à 28 Etats membres, puis à 27 — et le 28e, le Royaume-Uni, regrette désormais sa décision de partir”, a-t-il indiqué.
Mais selon lui, “chaque élargissement a rendu l’Union européenne plus grande, plus puissante, plus sûre, plus développée et plus prospère”.
Le ministre a estimé qu’“il n’y a aucun citoyen qui n’ait réellement bénéficié de cette Europe que vous avez et que vous appréciez”.
Au cours de cet échange, le ministre des Affaires étrangères a également évoqué les deux rapports de la Commission européenne et du Parlement européen sur l’Albanie, soulignant que “tout ce que nous avons mentionné – la polarisation politique, l’Etat de droit, la lutte contre la criminalité, la lutte contre la corruption — relève de nos responsabilités”.
“C’est précisément ce que nous faisons à travers le processus de négociation, car nous savons qu’il nous reste encore du travail à accomplir. Le processus de négociation est le pont que nous construisons entre le pays où nous sommes et celui où nous voulons aller”, a déclaré le chef de la diplomatie albanaise.
Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Ferit Hoxha, a également évoqué le Kosovo, soulignant qu’“il s’agit d’un Etat indépendant, d’un pays qui doit être reconnu”.
“Je ne prétendrai pas que nous n’avons pas de divergences fondamentales avec la Serbie. Nous sommes sur des positions opposées concernant le Kosovo. Le Kosovo est un Etat indépendant, un pays qui doit être reconnu. Dans une telle situation, chacun doit véritablement aider ce pays à renforcer ses institutions, sa démocratie et sa souveraineté, et bien sûr tout ce qui contribue à son amélioration”, a déclaré M. Hoxha.
Le ministre a également affirmé que “nous ne sommes pas d’accord avec la Russie. Nous considérons que la Russie est l’agresseur. Nous estimons que la Russie doit faire l’objet de sanctions et nous pensons que nous devons faire tout ce qui est possible pour aider l’Ukraine à se défendre. Car il ne s’agit pas seulement de défendre l’Ukraine, il s’agit aussi de défendre l’Europe”.
Il a toutefois ajouté que les pays de la région devaient rechercher les domaines ou les questions sur lesquels une coopération normale reste possible.
“Une chose est d’avoir des divergences ; une autre est d’essayer d’examiner et d’explorer toutes les possibilités”, a-t-il souligné. “Dans ce sens, nos relations avec la Serbie sont très pragmatiques. Nous sommes dans la même région et nous voyons de nouvelles possibilités de travailler ensemble. Et l’un des investissements les plus importants, également mené au niveau de l’Union européenne, est l’effort que nous avons entrepris pour promouvoir véritablement une bonne coopération régionale”, a déclaré le ministre Hoxha.
Le ministre albanais des Affaires étrangères a condamné la glorification de Ratko Mladic en Serbie, estimant que “l’ensemble de l’Union européenne s’est exprimé de la même manière, avec les mêmes positions, car cela constitue une insulte aux victimes. Cela ne contribue pas à la réconciliation”.
Le maire de Trieste, Roberto Dipiazza, ainsi que le secrétaire général de l’Initiative centre-européenne, Franco Dal Mas, ont également pris la parole lors de la conférence.
Un autre panel était consacré plus spécifiquement à la liberté de la presse, avec la participation de Barbara Trionfi, de l’OSCE, Paula Gori de European Digital Media Observatory (EDMO) ainsi qu’Oliver Vujovic de South East Europe Media Organisation (SEEMO), etc.

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