TIRANA, 21 octobre /ATA/ Plus de 1 000 jeunes ont été arrêtés ou conduits au poste au cours des neuf derniers jours de manifestations en Albanie, dont 250 mineurs, a affirmé mercredi la députée du Parti démocratique (PD, opposition) Jorida Tabaku, après une visite au Bloc de sécurité de Tirana (centre de détention).
« 250 d’entre eux sont des mineurs, qui n’ont pas été épargnés par la violence brutale, les coups et les interpellations musclées, même après que leur âge a été établi », a-t-elle déclaré.
La députée a notamment rapporté avoir rencontré deux adolescents de 14 ans qui, selon elle, se trouvaient à l’écart du rassemblement, « sans exercer aucune violence, les mains dans les poches », mais qui ont néanmoins été interpellés.
Interrogée sur les raisons de leur mobilisation, Jorida Tabaku a estimé que les jeunes protestaient contre « la violence » et « la concentration du pouvoir », mais aussi pour dénoncer les difficultés économiques des familles, le manque de méritocratie et les insuffisances du système éducatif.
« Ils réclament une Albanie meilleure, avec davantage de perspectives et un meilleur accès à l’éducation », a-t-elle affirmé, décrivant les manifestants comme la voix d’un pays qui aspire au changement et dont la mobilisation gagnerait en soutien.
Dénonçant les méthodes des forces de l’ordre, la députée a notamment évoqué des interpellations musclées en pleine rue visant des jeunes filles et des mineurs. De tels agissements montrent, selon elle, que « l’Albanie est aujourd’hui tout sauf un pays européen ».
« On ne peut pas menacer les jeunes avec des bourses, ni les enseignants avec leurs salaires. On ne peut pas motiver ou récompenser les policiers simplement parce qu’ils font usage de la violence », a-t-elle poursuivi.
Les jeunes manifestants réclament précisément, selon Jorida Tabaku, « une Albanie européenne ».
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