TIRANA, 30 octobre /ATA/ – Le ministre albanais des Finances, Petrit Malaj, a présenté devant la Commission de l’économie les grandes lignes du Paquet fiscal 2027, le décrivant comme une réforme budgétaire à “effet neutre” axée sur la redistribution des richesses.
D’après le ministre, le projet ne constitue pas un alourdissement global de la fiscalité, mais une restructuration des prélèvements.
“Nous n’avons pas une augmentation des taxes, mais une redistribution de ces dernières”, a affirmé Petrit Malaj devant les parlementaires.
Le gouvernement entend notamment compenser la hausse de l’impôt sur les dividendes par un allègement fiscal ciblé pour les salariés.
“Les fonds collectés grâce aux dividendes financeront l’élargissement de la tranche de salaire exonérée, portée de 200 000 à 300 000 leks, offrant un revenu additionnel à la classe moyenne”, a expliqué le ministre.
Les pertes de recettes générées par la baisse de la TVA de 20 % à 6 % sur les produits de première nécessité, représentant un manque à gagner d’environ 20 millions d’euros, seront quant à elles compensées par d’autres ajustements fiscaux.
Le seuil d’assujettissement à la TVA sera ainsi abaissé de 10 millions à 5 millions de leks, une mesure alignée sur les recommandations du Fonds monétaire international (FMI). Défendant ce choix, le ministre a rappelé que l’Albanie appliquait jusqu’ici l’un des plafonds d’immatriculation à la TVA les plus élevés de la région.
“Il n’y a aucun pays dans les Balkans, et la plupart des États de l’UE ayant un seuil bien inférieur”, a-t-il souligné.
Le paquet fiscal prévoit par ailleurs la suppression de la taxe sur la circulation intégrée aux carburants, désormais transférée sur les redevances annuelles des véhicules motorisés. Cette transition génère un déficit d’environ 5 milliards de leks (50 millions d’euros), absorbé également par la stratégie globale de redistribution.
Au final, l’impact net de ces arbitrages croisés se traduit par une variation nulle, voire négative pour le budget de l’État : “La seule recette additionnelle provient de l’accise sur le tabac, relevée pour harmoniser nos niveaux avec les exigences de l’Union européenne”, a conclu Petrit Malaj.
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