TIRANA, 2 novembre /ATA/ – Le projet de budget 2027 de l’Albanie consacre la poursuite de la consolidation fiscale tout en préservant une trajectoire de croissance économique durable, a souligné lundi Natasha Ahmetaj, deuxième vice-gouverneure de la Banque d’Albanie.
Intervenant devant la commission parlementaire de l’Économie, de l’Emploi et des Finances, elle a mis en avant la bonne santé de l’activité économique, portée par l’emploi et la hausse des salaires dans le secteur privé, tout en maintenant l’inflation à un niveau bas et proche de l’objectif fixé.
“L’Albanie a enregistré une croissance soutenue de son activité économique ces dernières années, accompagnée par l’expansion de l’emploi et la hausse des salaires dans le secteur privé non agricole”, a relevé la vice-gouverneure, précisant que cette dynamique positive se prolongeait sur l’année.
L’institution centrale se félicite également de l’amélioration des indicateurs macroéconomiques et de la réduction du risque souverain saluée par les agences internationales (Moody’s et Standard & Poor’s).
“Les indicateurs de viabilité extérieure et budgétaire du pays […] se situent aux niveaux les plus bas des deux dernières décennies”, s’est-elle réjouie.
Malgré des perspectives jugées globalement favorables, la Banque d’Albanie appelle à la prudence face aux incertitudes géopolitiques mondiales et aux tensions sociales internes qui pèsent sur la visibilité des entreprises et des ménages.
“La conjoncture de développement actuelle reste difficile, caractérisée par des risques haussiers sur l’inflation et des risques baissiers sur la croissance économique”, a prévenu Mme Ahmetaj, plaidant pour des réformes structurelles axées sur la productivité et la compétitivité en vue de l’intégration européenne.
Sur le plan strictement budgétaire, le texte de 2027 prévoit un déficit restreint à 2,3 % du PIB et une baisse continue de la dette publique, tout en dégageant des marges de manœuvre financières pour les investissements.
“Le projet de budget 2027 maintient l’orientation consolidatrice de la politique budgétaire, ce qui renforce la durabilité des finances publiques, aide à contrôler les pressions inflationnistes et accroît les marges de manœuvre pour la réaction de la politique financière”, a affirmé la haute responsable.
En réaction, l’opposition parlementaire a vivement contesté les orientations du projet de loi. Le député démocrate Enno Bozdo a ainsi reproché au gouvernement l’absence de mesures concrètes face au choc démographique et à l’émigration massive.
“L’Albanie a perdu en moyenne 50 000 habitants par an en raison de l’émigration. Les conditions sur le marché du travail restent tendues et les entreprises ont du mal à pourvoir les postes vacants”, a-t-il fustigé, regrettant que le budget ignore cette urgence structurelle.
/e.i/r.e/a.f//ir.pu/










