TIRANA, 10 août /ATA/ – L’amélioration du solde extérieur de l’économie albanaise est le principal facteur qui a entraîné le renforcement de la monnaie locale dans le taux de change.
Dans son rapport ordinaire sur la politique monétaire, la Banque d’Albanie (BoA) a apporté une analyse des facteurs qui ont provoqué l’appréciation du lek et des effets de cette revalorisation sur l’économie.
Selon la Banque d’Albanie, le renforcement du taux de change nominal au cours des derniers trimestres résulte principalement du raffermissement de la tendance du taux de change réel, ou en d’autres termes de l’amélioration structurelle du secteur extérieur de l’économie et l’augmentation globale de sa productivité, ainsi que la baisse des primes de risque, ou l’augmentation de la confiance du public dans la monnaie nationale.
Ces deux facteurs semblent être dictés par l’amélioration structurelle du solde extérieur de l’économie albanaise, amélioration illustrée par plusieurs indicateurs.
Le déficit du compte courant a connu une nette tendance à la baisse au cours de cette période, passant du niveau de 7,7% du PIB en 2021 au niveau de 6% en 2022 et ensuite à 3,1% au premier trimestre 2023.
Cette amélioration est imposée par l’augmentation de la demande étrangère de services touristiques albanais.
Les entrées touristiques ont atteint le niveau de 2,8 milliards d’euros en 2022 et de 624 millions d’euros au premier trimestre 2023, accélérant considérablement les taux de croissance.
Parallèlement, les envois de fonds ont augmenté, assurant un apport de devises de près de 833,7 millions d’euros en 2022 et de 213,7 millions d’euros au premier trimestre de l’année en cours.
Les entrées d’investissements directs étrangers (IDE) ont atteint des sommets historiques de 1,3 milliard d’euros en 2022, soit un bondissement de 33 %, et sont restées élevées tout au long du premier trimestre 2023.
Sur le plan macroéconomique, la Banque d’Albanie estime que le renforcement du taux de change a été le principal facteur des faibles niveaux d’inflation dans le pays, niveaux qui ont été et restent les plus bas de la région, atténuant les conséquences négatives de l’impact étranger sur le pouvoir d’achat des familles albanaises.
D’après les estimations de la BoA, en l’absence de renforcement du taux de change au cours des deux dernières années, le taux d’inflation serait supérieur de 2,5 points de pourcentage.
En outre, selon la Banque d’Albanie, l’affermissement du taux de change a contribué à renforcer la stabilité financière, grâce à l’amélioration des soldes financiers des emprunteurs en devises et à l’effet positif sur le niveau des prêts problématiques, qui restent à des niveaux bas.
La banque centrale estime que le renforcement du taux de change a accru la stabilité de la dette extérieure et publique de l’économie albanaise, contribuant indirectement à réduire les coûts de leur service et de leur refinancement.
Sur la base de l’analyse ci-dessus, la Banque d’Albanie estime qu’en présence de fortes pressions inflationnistes sur les marchés étrangers, la valorisation du lek a contribué à maintenir le pouvoir d’achat des familles albanaises, à maintenir de faibles niveaux de taux d’intérêt et de coûts de financement.
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