TIRANA, 1er septembre/ATA/ “Il faut d’abord être amis avant d’être alliés stratégiques, c’est ainsi que l’on évitera les guerres”, a déclaré aujourd’hui le Premier ministre Edi Rama en Slovénie.
Lors du débat sur le rôle des États et l’avenir de l’Union européenne au Forum stratégique de Bled en Slovénie, Rama a souligné que “cela évitera même les guerres, car transformer l’Europe d’un projet de paix en un projet de guerre n’est pas la solution. Avec 27 États qui s’arment, avant même l’arrivée de l’ennemi, nous allons nous observer mutuellement pour voir si nos armes fonctionnent ou non”.
“Nous espérons que les autres seront d’accord avec la commissaire européenne à l’Élargissement, Marta Kos, lorsqu’arrivera le moment. Ce ne sera pas si évident car l’Europe est comme un patient avec 27 médecins, tous pathologistes, ce qui complique encore davantage le traitement des problèmes spécifiques à chaque organe”, a affirmé Rama lors de l’entretien avec le modérateur Stjepan Oresković, entrepreneur et président de l’IEDC Bled, Future 500.
“Je voudrais dire à tous ceux faisant partie de l’UE d’essayer d’être plus heureux, car c’est un excellent endroit pour tous qui y vivent. Les problèmes de l’Europe ne sont pas liés au fait que l’Europe est une union, mais au fait que cette union doit devenir plus forte et que beaucoup de choses doivent changer. Ces pathologistes doivent un peu se spécialiser, l’un devrait devenir cardiologue, un autre oncologue, etc., afin d’avoir une union globale qui prenne entièrement soin de l’ensemble de l’organisme du patient, sinon, une chute inévitable est à craindre”, a souligné Rama.
Je pense, a poursuivi Rama, que le principal problème de l’Europe réside dans la direction qu’elle prendra.
“L’Europe doit-elle son chemin vers la transformation en États-Unis d’Europe ou va-t-elle se désintégrer en morceaux, chacun décidant de devenir le satellite de quelqu’un ? Car il n’y a aucune chance de se séparer et de quitter ce grand club. Ensuite, avoir une histoire glorieuse autre que devenir le satellite de quelqu’un d’autre, c’est la grande question à laquelle je n’ai pas de réponse. D’un autre côté, l’Europe est une machine bureaucratique et administrative extraordinaire, ce qui peut être une bonne chose. Mais d’un autre côté, l’élaboration excessive des réglementations, même avant que quelque chose ne commence est problématique. Aux États-Unis, par exemple, on invente l’intelligence artificielle, tandis qu’en Europe, on invente des réglementations correspondantes pour que, le moment venu, quelqu’un puisse les suivre”, a noté Rama, ajoutant que cela complique l’environnement des affaires en Europe, beaucoup plus articulé en matière de réglementation, mais qu’il y a un équilibre que l’Europe doit trouver.
“Je comprends pourquoi, mais peut-être cette réponse devrait être formulée autrement. Avoir des visions différentes sur les modes de vie ne devrait pas nous pousser à nous isoler, nous refermer et dire que si l’on veut être ami avec nous, il faut vivre comme nous, car de cette manière nous risquons d’avoir de moins en moins d’amis et, à terme, de perdre notre propre mode de vie”, a ajouté le Premier ministre Rama.
“Il faut préserver ce mode de vie avec fierté et par tous les moyens possibles, mais en même temps être beaucoup plus ouverts au monde, afin de rester fidèles à ce que l’Europe a toujours représenté”, a énoncé Rama. /m.s/










