Monday, September 28, 2026

Pour Tabaku, l’Etat de droit est la “véritable épreuve” de l’intégration européenne

 

L’intégration de l’Albanie à l’Union européenne doit dépasser un processus “technique” pour devenir un levier de transformation de l’Etat et de renforcement des institutions, a déclaré Jorida Tabaku, députée du Parti démocratique (opposition), lors d’une conférence interparlementaire consacrée à l’élargissement de l’UE.

“Nous devons absolument considérer ce processus comme un processus de transformation, un processus de construction de l’Etat, une occasion de renforcer les institutions et de mettre fin à la culture de l’impunité”, a-t-elle déclaré, estimant que l’ouverture et la clôture des chapitres de négociation ne suffisaient pas à garantir des résultats durables.

Mme Tabaku a notamment placé la réforme de la justice et l’activité du parquet spécial anticorruption (SPAK) au cœur de l’enjeu. Elle a souligné que la loi devait s’appliquer de la même manière aux citoyens ordinaires et aux responsables politiques, économiques ou exécutifs.

Elle a salué les enquêtes visant des responsables de différents niveaux, tout en rappelant le principe de présomption d’innocence. “Le respect de la présomption d’innocence ne nous empêche pas de demander que les responsabilités, qu’elles soient politiques ou institutionnelles, soient établies”, a-t-elle affirmé.

La députée d’opposition a parallèlement dénoncé ce qu’elle considère comme des pressions politiques et verbales exercées sur le SPAK. “La non-ingérence dans le SPAK doit être considérée comme une application minimale de la Constitution, et non comme une faveur que le gouvernement accorde à l’Albanie”, a-t-elle déclaré.

Elle a également appelé à davantage de transparence dans les marchés publics, à un contrôle parlementaire renforcé et à des nominations fondées sur le mérite, notamment dans les secteurs stratégiques. “La défense, la sécurité, la santé et le numérique ne peuvent pas devenir des zones où il n’y a ni transparence ni contrôle parlementaire”, a-t-elle estimé.

Pour Mme Tabaku, la lutte contre la corruption ne doit par ailleurs pas se limiter aux poursuites judiciaires, mais viser aussi la prévention des abus de pouvoir et le renforcement des institutions.

Elle a enfin appelé à ce que l’immunité parlementaire ne soit pas utilisée pour protéger des responsables face à la justice et à ce que les contrats publics soient rendus transparents. “L’Albanie doit entrer en Europe non pas en cachant ses problèmes, mais en les résolvant avant d’arriver en Europe. Pas par la fenêtre de la propagande, mais par la porte des réformes”, a-t-elle conclu.
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