TIRANA, 29 septembre /ATA/ – Le président du Parti démocratique albanais (PD), Sali Berisha, a évoqué les développements politiques au Kosovo, les procès des anciens dirigeants de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK) à La Haye et la position de la Serbie sur le passé des guerres du Kosovo et de Bosnie, lors d’une intervention à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.
M. Berisha a estimé que les élections répétées au Kosovo avaient été organisées conformément aux principes internationaux applicables aux élections parlementaires, “indépendamment de leur motif”. Il a toutefois jugé nécessaire d’éviter de nouvelles répétitions liées à l’élection du président et appelé le Conseil de l’Europe et la Commission de Venise à contribuer à une solution.
Une partie de son intervention a porté sur les condamnations d’anciens responsables de l’UÇK par les Chambres spécialisées du Kosovo à La Haye. D’après M. Berisha, ces verdicts ont suscité des manifestations à Pristina et un “mécontentement public”, qu’il a notamment attribué à “l’absence de preuves claires de crimes concrets”.
Il a comparé ces condamnations à celles de responsables militaires serbes jugés par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, citant Vladimir Lazarević et Dragoljub Ojdanić, condamnés chacun à 15 ans de prison.
“En revanche, les dirigeants politiques du Kosovo ont été condamnés à un total de 84 années de prison, sur la base d’une chaîne de commandement qu’ils n’ont jamais eue de manière structurée”, a affirmé M. Berisha.
Le dirigeant du PD a également soutenu que les poursuites à La Haye avaient visé “uniquement la partie albanaise du conflit” et appelé la Cour d’appel à examiner les affaires “de manière plus objective”.
Évoquant la Bosnie, M. Berisha a dénoncé l’enterrement avec les honneurs d’Etat de Ratko Mladić, qu’il a qualifié de “bourreau de la Bosnie” et d’“orchestrateur du plus grand génocide en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale” à Srebrenica.
Il a estimé que cet hommage constituait “une grave insulte à toute l’humanité” et a mis en cause la position de Belgrade et du président serbe Aleksandar Vučić, affirmant que celui-ci cherchait à “gagner les élections avec le fantôme de Ratko Mladić”.
“Je pense que cette institution doit prendre des mesures claires contre ces risques”, a conclu M. Berisha.
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