TIRANA, 17 jan /ATA-A. Fortuzi/ – La ministre de la Justice Etilda Gjonaj a condamné la libération du prisonnier à vie Endrit Dokle, tout en soulignant qu’elle avait demandé la suspension du juge Enkeleida Hoxha et congédié le directeur du Service de probation à Kruja, lors d’un communiqué de presse vendredi.
“Je partage avec vous aujourd’hui ma profonde préoccupation et du gouvernement concernant la décision scandaleuse du juge du district de Kruja, Enkeleida Hoxha, de libérer un prisonnier sous caution, en violation flagrante de la loi et de toute autre norme fonctionnelle du système judiciaire de la République d’Albanie”, – a déclaré la ministre Gjonaj.
“La libération d’un condamné à vie a été un phénomène de plus en plus fréquent ces derniers temps – c’est une sonnette d’alarme sur l’état de justice désastreux dans cette phase de transition du processus de réévaluation des juges, ce qui souligne une fois de plus la profonde nécessité de cette purge des rangs de la justice ”, – a souligné la ministre.
Elle a rappellé au public que la préoccupation du gouvernement pour le juge Enkeleida Hoxha était abordé depuis le 8 janvier 2018, après la publication de la nouvelle de la libération d’un autre prisonnier condamné à vie, Genc Tafili.
La ministre de la justice a ensuite informé qu’elle s’était adressée à l’Inspéctorat u Conseil (à l’époque le Conseil supérieur de la justice), demandant l’ouverture d’une enquête disciplinaire contre la juge Enkeleida Hoxha, mais qu’élle était confrontée au même silence et à l’irresponsabilité qui ont pendant de nombreuses années affaibli le système de justice en Albanie.
“Concernant la décision finalisée il y a quelques jours par le juge Hoxha, le ministère de la Justice a procédé avec rapidité et précision à une vérification administrative de la documentation administrée, de la décision du juge et des faits publics, afin de révéler toutes les violations et anomalies dans cette décision.
En raison des violations constatées et en tenant compte que de telles actions, avec de graves conséquences pour l’ordre et la sécurité dans le pays, ont provoqué l’indignation du grand public, elles ont gravement compromis l’impartialité et l’objectivité de l’administration de la justice à la date 15 janvier: j’ai demandé au Conseil supérieur de la magistrature de suspendre immédiate le juge et de prendre des mesures pour la démettre de ses fonctions.
Dans le même temps, j’ai demandé au parquet de poursuivre le juge, non seulement pour sanctionner des décisions abusives, mais aussi pour empêcher de tels phénomènes ayant de graves conséquences pour la confiance des citoyens dans la justice. J’ai contacté la Commission indépendante de qualification et l’Opération internationale de surveillance pour accélérer le processus de réévaluation transitoire du juge, ainsi que pour toutes les autres affaires similaires sur lesquelles de nombreuses accusations publiques pour des illégalités et la corruption ont été portées depuis des années.
L’enquête a également révélé que la direction du service de probation de Kruja, qui avait déposé son rapport dans ce procès sur le condamné Dokle, suggérant une réhabilitation avec une peine alternative, avait commis de graves violations des dispositions légales. En conséquence, toutes les mesures administratives ont été prises par le ministère de la Justice, suspendant immédiatement le directeur du Service de probation de Kruja et une poursuite pénale a été engagée hier contre lui au Parquet du district de Kruja pour abus de pouvoir, a souligné Gjonaj.
La ministre Gjonaj a réitéré la nécessité d’une réponse institutionnelle immédiate de tous les acteurs du système judiciaire.
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