TIRANA, 11 octobre /ATA/ Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Ferit Hoxha, a dénoncé dimanche les déclarations du ministre serbe de l’Intérieur, Ivica Dačić, les qualifiant de « provocatrices et menaçantes ». Lors de la campagne électorale, ce dernier a promis de « hisser à nouveau le drapeau serbe » au Kosovo.
Dans une réaction publiée à cette occasion, M. Hoxha a mis en garde contre les conséquences potentielles de tels propos, estimant que cette rhétorique pourrait être considérée comme de simples déclarations politiques s’il n’existait pas « un risque réel qu’elle encourage ceux qui sont prêts à agir dans cet esprit ».
Le chef de la diplomatie albanaise a notamment évoqué l’attaque de Banjska, dont les responsabilités n’ont toujours pas été pleinement établies, rappelant les risques liés au passage « des paroles aux actes ».
« L’Albanie reste profondément convaincue que la seule voie à suivre, aussi difficile soit-elle, passe par des relations de bon voisinage, la coopération régionale et des efforts sincères pour panser les blessures du passé et avancer vers la réconciliation », a-t-il déclaré.
Il a toutefois souligné qu’« il ne peut y avoir de coopération régionale durable tant que les réalités sont niées, que la légitimité des voisins est remise en question ou que des discours menaçants sont utilisés à des fins politiques ».
Insistant sur la nécessité de construire la paix et la confiance dans les Balkans occidentaux, M. Hoxha a rappelé que ce processus exigeait « de la vision, du courage, de la détermination et un engagement constant », souvent sur plusieurs années, voire plusieurs décennies.
« L’Europe elle-même s’est construite sur la reconnaissance mutuelle, le dialogue, le respect réciproque et la solidarité, et non sur le déni, l’intimidation ou la nostalgie du passé », a-t-il ajouté, mettant en garde contre les divisions, le nationalisme et les discours provocateurs dans une région marquée par les conflits.
M. Hoxha a enfin réaffirmé que la République du Kosovo constituait « une réalité irréversible », en tant qu’État souverain et démocratique, qui consolide progressivement sa position au sein de la communauté européenne et internationale.
« Le Kosovo est la patrie de tous ses citoyens, indépendamment de leur appartenance ethnique », a-t-il souligné, estimant que son avenir devait être placé sous le signe de la paix, de la sécurité, de l’inclusion et de l’intégration européenne.
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