TIRANA, 2 novembre /ATA/ Les dépenses publiques albanaises dépasseront pour la première fois les 10 milliards d’euros en 2027, selon le projet de budget présenté par le ministre des Finances, Petrit Malaj, avec des priorités axées sur la protection sociale, les retraites, les investissements publics et les réformes liées à l’intégration européenne.
Présentant le texte devant la commission parlementaire des Affaires juridiques et de l’Administration publique, le ministre a indiqué que le budget reposait sur trois axes : le bien-être social, la stabilité budgétaire et les investissements destinés à accompagner les réformes nécessaires à l’adhésion à l’Union européenne.
Les recettes de l’État sont estimées à 907,9 milliards de leks (environ 9,4 milliards d’euros), tandis que le déficit budgétaire devrait représenter 2,3 % du produit intérieur brut (PIB). Le gouvernement prévoit également de ramener la dette publique à 52,4 % du PIB, dans le cadre de sa politique de consolidation budgétaire.
La protection sociale constitue l’un des principaux postes de dépenses, avec une enveloppe de 279,7 milliards de leks, soit environ 30 % des dépenses publiques.
Le gouvernement prévoit notamment d’avancer d’avril à juillet l’indexation annuelle des pensions, ainsi que de doubler, à partir du 1er janvier 2027, les primes mensuelles versées aux retraités, selon leur catégorie. Le coût de cette dernière mesure est estimé à 20 milliards de leks sur l’année, tandis que 1,35 milliard de leks seront consacrés à l’indexation des pensions.
Le projet prévoit également le doublement des allocations destinées aux enfants en situation de handicap, la prise en charge des cotisations d’assurance sociale et maladie de leurs accompagnants, ainsi que le maintien de l’aide mensuelle liée à la naissance jusqu’aux cinq ans de l’enfant. Une enveloppe de 1,3 milliard de leks est par ailleurs prévue pour le logement social et abordable.
Les investissements publics devraient atteindre 201,5 milliards de leks, soit 6,9 % du PIB. Ils seront consacrés notamment aux infrastructures, aux services publics et aux projets de développement économique.
Dans l’éducation, le budget annoncé s’élève à environ 93,7 milliards de leks. Les crédits supplémentaires doivent notamment financer les bourses étudiantes, la rénovation des infrastructures scolaires, le programme périscolaire « After School », qui permettra l’accueil des élèves jusqu’à 17H00, ainsi que la recherche scientifique.
Le secteur de la santé bénéficiera de 87,2 milliards de leks, en hausse de six milliards. Les fonds supplémentaires doivent notamment financer les médicaments et les équipements médicaux, le remboursement des prescriptions pour 400 000 patients ainsi que la construction et la rénovation de 20 hôpitaux.
La sécurité et l’ordre public disposeront de 36,7 milliards de leks, dont 3,3 milliards supplémentaires destinés à la revalorisation des salaires des policiers. Plus de 8 500 fonctionnaires ayant le grade d’inspecteur devraient bénéficier d’une augmentation mensuelle de 20 000 leks, tandis que les autres catégories percevront des hausses comprises entre 10 000 et 15 000 leks selon leur grade.
Le budget de la Justice est fixé à 27,1 milliards de leks, soit environ 280 millions d’euros.
L’agriculture bénéficiera de 17,9 milliards de leks, dont 1,1 milliard de financement supplémentaire de l’État. Quelque 43 660 agriculteurs devraient bénéficier des dispositifs de soutien, notamment du mécanisme de compensation de la TVA à hauteur de 10 %, doté de trois milliards de leks par an, et de financements destinés à l’irrigation et au drainage.
Le secteur des Infrastructures et de l’Énergie disposera de 75,4 milliards de leks.
Enfin, les dépenses consacrées à la Défense atteindront 76,7 milliards de leks, en hausse de sept milliards. Elles représenteront 2,35 % du PIB, selon le ministre.
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