TIRANA, 17 avril /ATA/ – La Commission européenne devrait recommander officiellement mardi l’ouverture des négociations d’adhésion avec l’Albanie.
Le rapport d’étape qui sera rendu public aujourd’hui, la Commission apprécie les progrès réalisés par le pays, et cette fois sa recommandation est inconditionnelle, a déclaré la Voix de l’Amerique.
“Le maintien et l’approfondissement des réformes en cours dans le domaine clé de la mise en oeuvre de la loi, surtout dans les cinq priorités clés et la poursuite des résultats durables et tangibles dans la réévaluation des juges et des procureurs (Vetting), sera cruciale pour le progrès ultérieur de l’Albanie.
A cette fin, la Commission appliquera une approche de suivi aux chapitres de négociations relatifs au pouvoir judiciaire, aux droits fondamentaux et à la justice, à la liberté et à la sécurité du pays”, lit-on dans la section de la recommandation sur l’Albanie.
La commission a estimé que le pays “a continué à faire des progrès continus dans la mise en œuvre des cinq priorités clés pour l’ouverture des négociations d’adhésion”. “La réforme de l’administration publique a été consolidée afin de renforcer son professionnalisme et sa dépolitisation. Des mesures supplémentaires ont été prises pour renforcer l’indépendance, l’efficacité et la crédibilité des institutions judiciaires, notamment en progressant dans la mise en œuvre d’une réforme inclusive de la justice. Cela inclut les premiers résultats tangibles dans la réévaluation de tous les juges et procureurs (vetting), avec la démission de 15 juges et procureurs de haut niveau, et avec les premières auditions menant au renvoi d’un juge de la Cour constitutionnelle et à la confirmation d’un autre juge de la Cour constitutionnelle”.
La Commission européenne note que “de nouveaux efforts ont été déployés dans la lutte contre la corruption et le crime organisé, notamment dans la lutte contre le trafic de drogue et sa culture, contribuant à progrès solides dans des enquêtes proactives, des arrestations et des condamnations. D’autres mesures ont été prises pour assurer la protection effective des droits de l’homme, y compris les personnes appartenant à des minorités ainsi que la communauté rom, des politiques antidiscriminatoires, ainsi que l’application des droits de propriété”.
Le rapport de la Commission fournit ensuite un aperçu plus détaillé de la performance du pays par rapport aux différents critères. Décrivant la situation politique, il noté que “une forte polarisation sur la scène politique était présente”, alors que le boycott de l’opposition printemps dernier est mis en évidence, “ce qui a également retardé la mise en place des institutions de contrôle dans le système judiciaire”. En outre, le rapport mentionne l’accord de mai entre le Premier ministre Edi Rama et le chef de l’opposition, Lulzim Basha, qui a amené à “un déroulement dans le calme des élections générales en juin, malgré le fait qu’un certain nombre de recommandations de l’OSCE/BIDDH restent encore insatisfaites”.
En ce qui concerne l’administration publique, la Commission note que “l’Albanie est relativement préparée à la réforme” dans ce domaine. Tout en appréciant les progrès réalisés, la CE souligne que leur consolidation “doit être encore mener en avant afin d’assurer une administration plus efficace, plus dépolitisée et plus professionnelle”.
En ce qui concerne la justice, le mot clé est la mise en œuvre de la réforme qui a “conduit à de bons progrès globaux” et surtout le processus de réévaluation des juges et des procureurs qui “a commencé et produit les premiers résultats tangibles”.
Même en ce qui concerne la lutte contre la corruption, tout en parlant de “bons progrès”, le rapport met en évidence les nouvelles institutions envisagées par la réforme de la justice, qui s’occuperont de la lutte contre la corruption et “qui sont dans la phase de leur création” . Mais le rapport note que “les condamnations des hauts fonctionnaires étaient principalement dans le système judiciaire (juges et procureurs); cependant, le taux de punition finale des hauts fonctionnaires reste généralement très faible. La corruption reste dominante dans de nombreux domaines et continue d’être un problème sérieux”.
Le rapport reconnaît les progrès et la lutte contre le crime organisé, “notamment dans la lutte contre la culture du cannabis”, mais demande que “la saisie des biens appartenant à des gangs criminels soit intensifiée et la destruction de tous les stocks de cannabis poursuite”.
Le rapport note également qu’“il y a eu peu de progrès dans la destruction des groupes criminels organisés. Le nombre de sanctions définitives dans les affaires de criminalité organisée est resté très faible et n’a que légèrement augmenté. Plus d’efforts sont nécessaires pour lutter contre le blanchiment d’argent, les actifs criminels et la richesse injustifiée”.
L’Albanie est considérée comme ayant “participé avec succès à la coopération policière internationale, intensifiant ses interactions, en particulier avec les Etats membres de l’UE”.
Le rapport traite aussi la question des demandeurs d’asile. “Le nombre de demandes d’asile non fondées déposées par des ressortissants albanais dans les Etats membres de l’UE et les Etats Schengen est resté élevé. L’Albanie s’est engagée et a adopté un certain nombre de mesures, notamment le renforcement de la coopération bilatérale avec les principaux pays membres de l’UE. Ces mesures ont donné des résultats positifs. D’autres actions établies devraient continuer, y compris dans le cadre du mécanisme de surveillance de la post-libéralisation du régime des visas, pour lutter efficacement contre ce phénomène”.
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