TIRANA, 3 novembre /ATA/ L’Albanie a enregistré près de 32 millions de tentatives de cyberattaques au cours des neuf premiers mois de 2026, soit une moyenne de 81 par minute, a annoncé la vice-Première ministre Albana Koçiu, mettant également en garde contre la montée de la désinformation et de la manipulation de l’information.
Ces menaces constituent un défi croissant pour les institutions démocratiques, dans un contexte marqué par la multiplication des contenus fabriqués, des vidéos manipulées et l’utilisation des algorithmes pour semer la confusion et alimenter la défiance envers les institutions, a-t-elle déclaré.
« Une démocratie forte a besoin que les citoyens sachent distinguer les faits de la manipulation et se forgent leurs convictions sur la base d’informations fiables », a souligné Mme Koçiu lors d’une conférence nationale sur la cybersécurité organisée par l’Autorité nationale de cybersécurité (AKSK).
La conférence, consacrée au renforcement de la résilience cybernétique et de la première ligne de défense, a notamment réuni l’ambassadeur des États-Unis, Eric Wendt, le chargé d’affaires de la délégation de l’Union européenne, André Rizzo, ainsi que des représentants des institutions publiques, du secteur privé et des opérateurs d’infrastructures critiques.
La vice-Première ministre a rappelé la cyberattaque de 2022, attribuée à l’Iran, qui avait visé les infrastructures numériques albanaises et constitué, selon elle, un tournant dans la perception des menaces cybernétiques par le pays.
« Un pays peut être durement frappé sans qu’un seul soldat ne franchisse ses frontières », a-t-elle déclaré, estimant que les attaques contre les systèmes numériques pouvaient avoir les mêmes conséquences qu’une offensive contre les infrastructures physiques, en paralysant le fonctionnement de l’État et en érodant la confiance des citoyens.
Selon les chiffres communiqués par Mme Koçiu, 51 incidents cybernétiques ont été recensés en Albanie en 2025, contre 25 entre janvier et septembre 2026.
Elle a toutefois souligné que la diminution du nombre d’incidents ne signifiait pas que le pays était à l’abri de nouvelles attaques. « Le fait que nous soyons aujourd’hui mieux protégés ne signifie pas que nous sommes invulnérables », a-t-elle averti, évoquant notamment les nouvelles menaces liées à l’intelligence artificielle.
Cette technologie offre des outils de détection et de prévention des cyberattaques, mais elle peut également être exploitée pour concevoir des offensives plus sophistiquées et plus difficiles à identifier, a-t-elle expliqué.
Mme Koçiu a par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer les compétences humaines, au-delà des investissements technologiques, soulignant que l’efficacité des dispositifs de protection dépendait aussi du personnel chargé de les administrer.
Les opérateurs d’infrastructures critiques ont investi plus de 28 millions d’euros dans la cybersécurité au cours de l’année dernière, a-t-elle indiqué.
Sur le plan institutionnel, elle a rappelé l’adoption en 2024 d’une nouvelle loi sur la cybersécurité et de la Stratégie nationale, ainsi que les efforts engagés pour aligner la législation et les institutions albanaises sur les normes de l’Union européenne.
Pour Tirana, l’enjeu dépasse désormais la seule protection des infrastructures numériques et concerne également l’intégrité de l’information et la confiance des citoyens, considérées comme essentielles à la stabilité des institutions et au fonctionnement démocratique.
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